Wall Street tenté par la hausse, au lendemain de la
Wall Street tenté par la hausse, au lendemain de la Fed
Wall Street repasse dans le vert désormais ce jeudi, au lendemain de la réunion de la Fed et après une série d'indicateurs économiques contrastés...
Wall Street repasse dans le vert désormais ce jeudi, au lendemain de la réunion de la Fed et après une série d'indicateurs économiques contrastés. Le S&P 500 prend 0,47% à 4.393 pts, le Dow Jones 0,68% à 34.209 pts et le Nasdaq 0,33% à 13.670 pts. Sur le Nymex, le baril de brut WTI avance de 1,9% à 69,6$. L'once d'or abandonne 0,1% à 1.967$. L'indice dollar perd 0,5% face à un panier de devises de référence.
Les ventes américaines de détail du mois de mai ont augmenté de 0,3% en comparaison du mois antérieur, contre -0,2% de consensus. Hors automobile, la hausse de 0,1% de la consommation ressort conforme aux attentes de marché. Enfin, hors automobile et essence, ces ventes de détail se sont améliorées de 0,4% en comparaison du mois antérieur, contre 0,2% de consensus.
Parmi les autres statistiques américaines du jour, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de juin 2023 est ressorti négatif de -13,7, contre -14 de consensus FactSet. L'indice Empire State de la Fed de New York pour le même mois a été de +6,6, bien plus que le consensus qui se situait à -15,5.
Les inscriptions hebdomadaires américaines au chômage pour la semaine close au 10 juin se sont établies au nombre de 262.000 selon le Département US au Travail, contre 251.000 de consensus et stables en comparaison de la semaine précédente.
Les prix à l'import du mois de mai ont régressé de 0,6% en comparaison du mois antérieur, contre -0,5% de consensus. Les prix à l'export ont baissé de 1,9% sur la même période.
Wall Street n'a pas vraiment su hier soir comment réagir aux annonces de la Fed. La banque centrale américaine a comme attendu annoncé un statu quo sur le taux des 'fed funds', qui reste donc pour l'heure entre 5 et 5,25%. Mais les investisseurs suivaient surtout le fameux 'dot plot' du résumé des projections économiques (SEP) de la Fed, qui présente sous forme de graphique à points les anticipations pour les taux des différents responsables de la banque centrale américaine pour la fin de l'année et les deux années suivantes. En mars, le SEP suggérait que les taux n'iraient pas plus haut. Désormais, il est envisagé que la banque procède encore à deux nouveaux tours de vis d'ici la fin de l'année, alors que l'économie US demeure particulièrement résiliente et que le travail pour ramener l'inflation vers l'objectif des 2% n'est pas terminé.
Les économistes de la place s'attendaient à ce que le fameux 'dot plot' montre une possible prolongation du cycle de remontée des taux, mais peut-être pas à un pic de taux à 5,6% tel qu'il est indiqué par le 'dot plot'. Les responsables de la Fed voient maintenant le taux des fonds fédéraux culminer à 5,6% cette année, alors que la précédente projection de mars était de 5,1%. Cela suggère que la Fed augmentera probablement ses taux de 25 points de base par deux fois cette année. Trois responsables voient même au moins 0,75% de resserrement supplémentaire cette année. Aucun responsable ne s'attend quoi qu'il en soit à un pivot monétaire se traduisant par des baisses de taux cette année.
Les responsables de la banque centrale US prévoient ensuite une baisse des taux d'intérêt à 4,6% en 2024, ce qui est également supérieur aux prévisions de mars logées à 4,3%. La Fed anticipe que l'inflation sous-jacente culminera à 3,9% cette année - ce qui est supérieur à la projection de mars de 3,6% - avant de baisser à 2,6% l'année prochaine et 2,2% en 2025. Les responsables voient le chômage américain à 4,1% cette année, bien en deçà des prévisions précédentes de 4,5%. Le chômage devrait augmenter légèrement à 4,5% l'année prochaine et rester à ce niveau jusqu'en 2025, d'après les prévisions fournies hier. Enfin, la Fed table sur une croissance économique américaine de 1% cette année - contre 0,4% en mars -, puis 1,1% en 2024 et 1,8% en 2025.
"Les pressions inflationnistes continuent d'être élevées", a déclaré hier soir le président de la Fed, Jerome Powell, lors de sa conférence de presse. Ainsi, la banque centrale US a encore beaucoup de chemin à faire, selon le dirigeant, pour ramener l'inflation jusqu'à l'objectif de 2%. La pause annoncée hier ne devrait pas être qualifiée de "saut", a aussi glissé Powell. Il s'agit selon lui de donner à l'économie plus de temps pour s'adapter aux hausses précédentes tout en laissant les responsables de la Fed observer les "pleines conséquences" de la tourmente bancaire qui a secoué le système financier au printemps. "Nous essayons de bien faire les choses", a ajouté humblement Powell.
Sans surprise, la Banque centrale européenne vient quant à elle de relever ses trois taux directeurs d'un quart de point. Dès lors, les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt seront relevés à respectivement 4,00%, 4,25% et 3,50% à compter du 21 juin. Cette nouvelle hausse des taux reflète l'évaluation actualisée par le Conseil des gouverneurs des perspectives d'inflation, de la dynamique de l'inflation sous-jacente et de la force de la transmission de la politique monétaire. Selon les projections macroéconomiques de juin établies par les services de l'Eurosystème, l'inflation globale devrait s'élever, en moyenne, à 5,4% en 2023, à 3,0% en 2024 et à 2,2% en 2025, contre respectivement 5,3%, 2,9% et 2,1% anticipé précédemment.
Les décisions futures du Conseil des gouverneurs feront en sorte que les taux d'intérêt directeurs de la BCE soient fixés à des niveaux suffisamment restrictifs pour assurer le retour au plus tôt de l'inflation au niveau de l'objectif de 2% à moyen terme, et qu'ils soient maintenus à ces niveaux aussi longtemps que nécessaire. Le Conseil des gouverneurs maintiendra une approche s'appuyant sur les données pour déterminer le degré et la durée appropriés de cette orientation restrictive. Plus particulièrement, ses décisions relatives aux taux directeurs resteront fondées sur son évaluation des perspectives d'inflation compte tenu des données économiques et financières, de la dynamique de l'inflation sous-jacente et de la force de la transmission de la politique monétaire.
En outre, le Conseil des gouverneurs confirme qu'il mettra un terme aux réinvestissements dans le cadre du programme d'achats d'actifs (asset purchase programme, APP) à compter de juillet 2023.
S'agissant du programme d'achats d'urgence face à la pandémie (pandemic emergency purchase programme, PEPP), le Conseil des gouverneurs entend réinvestir les remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre du programme au moins jusqu'à la fin de 2024. Dans tous les cas, le futur dénouement du portefeuille du PEPP sera géré de façon à éviter toute interférence avec l'orientation adéquate de la politique monétaire.

Commentaires
Enregistrer un commentaire